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La tribu des elfes
30 novembre 2008

Scandaleux...

dictature_democratie

Jusque-là, on avait vraiment le sentiment de vivre dans une démocratie où nos avis comptent peu certes mais où on avait au moins le droit de les exprimer et de ne pas être d'accord.... mais maintenant, il y a de quoi se poser des questions... La France est-elle tout simplement en train de devenir une dictature ?... Et qui sait, ce blog ne va-t-il pas être fermé un jour parce que j'aurai osé y exprimer quelques idées qui ne vont pas dans le sens du vent sarkozien et qui risquent de ne pas plaire à Sa Majesté ?...

Un ex-PDG de Libération a été brutalement interpellé à son domicile. Du jamais vu dans une affaire de presse: le journaliste Vittorio de Filippis, qui a été directeur de la publication de Libération de mai à décembre 2006, a été interpellé à son domicile pour une banale affaire de diffamation.

Quand il arrive dans les locaux de Libération, ce vendredi peu avant midi, il a encore la trace des menottes au poignet. Journaliste économique, actuellement membre de la direction du journal, Vittorio de Filippis a été PDG et directeur de la publication du journal de mai à décembre 2006. Il vient de passer plusieurs heures, d’abord au commissariat de police du Raincy (Seine-Saint-Denis), la commune où il réside, et plus tard dans la matinée de ce vendredi au tribunal de grande instance de Paris. Avant d’être mis en examen. Il est pâle, fatigué, outré.

«J’ai été réveillé vers 6h40 ce matin par des coups frappés sur la porte d’entrée de ma maison, raconte-t-il. Je suis descendu ouvrir et me suis trouvé face à trois policiers, deux hommes et une femme portant des brassards, et j’ai aperçu dans la rue une voiture de police avec un autre policier à l’intérieur.»

Les représentants de l’ordre lui disent qu’ils ont un mandat d’amener au TGI de Paris contre lui. «J’imagine tout de suite que cela concerne la période de cogérance durant laquelle j’ai été PDG et directeur de publication de Libération en 2006, et je pense à l’affaire Xavier Niel, du nom du fondateur de Free, le fournisseur d’accès à Internet, parce que c’est tout simplement l’affaire la plus récurrente parmi toutes celles dont j’ai eu à répondre comme directeur de publication. Et celle qui a suscité le plus de contacts avec les avocats de Libération, Jean-Paul Lévy et Emmanuel Soussen.»

Xavier Niel a déjà attaqué plusieurs fois en diffamation Libération et le journaliste Renaud Lecadre, auteur d’articles dans le quotidien et sur le site liberation.fr, évoquant les démêlés judiciaires du fondateur de Free.

Vittorio de Filippis a chaque fois été convoqué par la justice car sa responsabilité est engagée: l’article 42 de la loi sur la presse du 29 juillet 1881 dispose que le directeur de publication d’un journal est «l’auteur principal» du délit de diffamation publique envers un particulier alors que le journaliste auteur du papier incriminé n’est que «complice».

Mais Xavier Niel et la société Free ont été déboutés systématiquement, lors de procès qui se sont tenus au deuxième trimestre 2008. A chaque fois, ils ont en plus été condamnés à verser des dommages et intérêts à Libération pour procédures abusives.

Ce matin, le ton est vite monté entre les policiers et le journaliste, celui-ci leur faisant remarquer qu’ils ont profité de son portail sans serrure pour pénétrer chez lui.

«Habillez-vous, on vous emmène», répliquent-ils en lui interdisant de toucher à son portable dont l’alarme-réveil se déclenche. «Je commence à m’énerver, raconte Vittorio de Filippis. Réveillé par le bruit, mon fils aîné, qui a 14 ans, assiste à toute la scène. Son frère, 10 ans, ne sort pas de sa chambre mais j’apprendrai par la suite qu’il était réveillé et a très mal vécu ce moment… Je dis aux flics qu’il y a peut-être d’autres manières de se comporter. Réponse devant mon fils: «Vous, vous êtes pire que la racaille!» J’ai juste le temps de rassurer mon fils, de lui dire que je ne suis pas un malfrat et que tout cela concerne le journal et qu’il est en train d’assister à une injustice. Je lui demande, en l’absence de ma femme qui est en déplacement, d’accompagner son frère à l’école et d’aller lui aussi en cours.»

Les policiers emmènent le journaliste au commissariat du Raincy.

7h10. Au commissariat, des policiers lui lisent les motifs de son interpellation. C’est bien de l’affaire Niel dont il s’agit et particulièrement d’un article du journaliste Renaud Lecadre paru sur le site liberation.fr. Après lecture du document, Vittorio de Filippis demande à plusieurs reprises la présence des avocats du journal. Réponse: «Ils ne seront pas là.» Vittorio De Filippis refuse alors de signer quoi que ce soit. «Je suis assis sur un banc, boulonné au sol, dont pendent plusieurs paires de menottes. Face à moi, affichée au mur, la Charte d’accueil du commissariat».

D’autres policiers demandent au journaliste de vider ses poches. Il s’exécute.

7h30. Trois policiers viennent le chercher, lui demandent de mettre les mains dans le dos et le menottent. Puis ils le conduisent à une voiture et prennent l’autoroute A86. Dans la voiture, les policiers se réjouissent de pouvoir «voir en vrai les bureaux de Navarro».

8h30. Vittorio de Filippis est emmené dans les sous-sols du TGI au dépôt, «quartier des hommes».

«On contrôle mon identité puis on m’emmène dans une pièce glauque, avec un comptoir en béton derrière lequel se trouvent trois policiers dont un avec des gants, précise Vittorio de Filippis. Derrière eux, un mur de casiers qui contiennent les effets des personnes «en transit». On me demande de vider mes poches, puis de me déshabiller. Dans mes papiers d’identité, ils isolent ma carte de presse et la mentionnent dans l’inventaire de mes effets. A aucun moment, jusqu’alors, je n’avais mentionné ma qualité de journaliste».

«Je me retrouve en slip devant eux, ils refouillent mes vêtements, puis me demandent de baisser mon slip, de me tourner et de tousser trois fois.»

Le journaliste s’exécute puis se rhabille, mais on lui a retiré ses lacets, sa ceinture, la batterie de son portable. et tous ses papiers et effets.

9h30. Les policiers l’accompagnent dans une cellule «qu’ils referment à triple tour».

«La pièce comporte une table, un rouleau de papier hygiénique, une paillasse en béton sur laquelle sont posées deux couvertures. Dans un recoin, j’aperçois un WC. Je m’asseois sur la table pour éviter les cafards et les mites.»

10 heures. Deux gendarmes viennent le chercher, et l’isolent à nouveau derrière un paravent en béton qui se trouve dans le long couloir bordé de cellules.

Ils lui demandent de se déshabiller complètement.

«Je signale alors que j’ai déjà été fouillé d’une manière un peu humiliante deux heures plus tôt et je refuse de baisser mon slip à nouveau. Bien que comprenant l’absurdité de la situation et mon énervement, ils me répondent que c’est la procédure et qu’ils doivent appeler la juge devant mon refus. Celle-ci leur répond que soit je respecte la procédure et dans ce cas-là elle m’auditionnera et je serai libéré; soit j’assume mes actes».

Le journaliste accepte donc de se laisser fouiller à nouveau, de baisser son slip, de se tourner et de tousser.

Rhabillé, il est menotté «mais cette fois avec les mains devant», et escorté par les gendarmes dans les couloirs interminables du TGI, jusqu’au bureau de la juge Muriel Josié, vice-présidente du tribunal de grande instance de Paris.

10 h 40. Dans le bureau de la juge, les gendarmes lui retirent les menottes. La juge, qui «au départ», selon Vittorio de Filipis, «a l’air un peu gêné», lui signifie qu’elle l’a convoqué parce qu’elle a déjà procédé à de nombreuses convocations par courrier dans le cadre de l’affaire Niel et qu’il a toujours été «injoignable».

Le journaliste lui répond alors que, comme pour chacune des affaires qui concernent des articles écrits par des journalistes de Libération, il transmet les courriers aux avocats du journal. Et il demande alors à parler à ceux-ci. «La juge me demande leur adresse, puis me lit une liste d’adresses d’avocats dans laquelle j’identifie celles de nos avocats».

Puis Vittorio de Filippis refuse de répondre à toute autre question. La juge s’énerve, hausse le ton. Mais, en l’absence de ses avocats, le journaliste refuse tout échange verbal avec elle.

La juge lui fait signer le procès-verbal de l’entretien et lui notifie sa mise en examen pour «diffamation». Elle lui demande s’il sera joignable d’ici à la fin du mois de décembre.

Ensuite, les deux gendarmes reconduisent Vittorio de Filipis à travers les méandres des couloirs du TGI — «mais cette fois je ne suis plus menotté». Ils lui rendent ses papiers et ses effets. Et le libèrent.

11h30. Sur le trottoir devant le TGI, Vittorio de Fillipis appelle immédiatement les avocats du journal et la direction de Libération.

Aussitôt informée, la Société civile des personnels de Libération (SCPL, actionnaire du journal) dénonce, dans un communiqué, «ces méthodes inadmissibles». «La SCPL veut manifester sa solidarité vis à vis de Vittorio de Filippis, écrit-elle. Nous protestons auprès des autorités politiques et judiciaires. Nous demandons qu'une enquête soit ouverte sans délais sur ces méthodes.»

L’un des avocats de Libération, Me Jean-Paul Levy, dénonce les conditions de cette interpellation, «une première», selon lui, en matière de délit de presse. «Je suis l’avocat de Libération depuis 1975 et c’est la première fois que je vois un directeur de publication faire l’objet d’une interpellation et d’un mandat d’amener», déplore-t-il. «Je suis scandalisé que l’on inflige un tel traitement pour un délit qui n’est pas passible de prison».

La Société des lecteurs de Libération (SLL), «scandalisée par les méthodes employées par la police judiciaire et la magistrature dans une affaire de presse», s'associe à l'indignation et à la protestation de l'équipe.

Laurent Joffrin, PDG du journal et directeur de la rédaction, s'exprimera demain samedi dans la page consacrée par le quotidien à cette arrestation, sans précédent dans les annales judiciaires.

source www.liberation.fr

Le Syndicat national des journalistes (SNJ) s'insurge contre le fait qu'un journaliste soit "traité comme un criminel", à la suite de l'interpellation musclée vendredi du journaliste et ex-directeur de la publication de Libération Vittorio de Filippis, pour une simple affaire de diffamation.

"Dans une société qui veut mettre en prison les enfants de 12 ans et où le chef de l'État porte plainte contre n'importe quel citoyen qui ose le brocarder, interpeller à son domicile un journaliste, l'insulter devant ses enfants, le faire déshabiller et le menotter pour un simple soupçon de diffamation semble une procédure normale", déclare le Syndicat national des Journalistes (SNJ).

Le SNJ "ne peut accepter que de telles pratiques se banalisent" et "dénonce fermement la démesure avec laquelle sont désormais instruits certains délits de presse". Il y voit "une manoeuvre de plus visant à intimider un secteur professionnel, déjà victime d'un climat de dénigrement quasi-systématique de la part de certains milieux politiques et économiques".

Le syndicat des journalistes SNJ-CGT appelle la profession à se réunir lundi à 12H00 à la Maison de la Radio pour "dénoncer le simulacre des débats aux Etats Généraux" de la presse et "faire cesser les atteintes aux libertés de l'information".

Rappelant que l'ex-directeur de la publication du journal a été "interpellé et menotté au petit matin à son domicile (...) dans le cadre d'une banale affaire de diffamation", le SNJ-CGT estime que "cette sinistre affaire est symptomatique des attaques du pouvoir sarkozyen contre les journalistes qui n'obtempèrent pas".

Le Syndicat de la Presse quotidienne nationale "dénonce fermement les méthodes employées par la police judiciaire et la magistrature" dans cette affaire.

Il note que "c'est la première fois qu'un directeur de publication fait l'objet d'une interpellation et d'un mandat d'amener (suivi de mesures d'intimidation, fouilles corporelles, menottes) pour un délit de presse de cette nature", et demande à la ministre de la Justice Rachida Dati de "mettre fin à de telles dérives d'intimidation, incompatibles avec la liberté d'expression".

L'Humanité "proteste énergiquement"

Patrick Le Hyaric, directeur du quotidien l'Humanité, "proteste énergiquement" contre cette interpellation "brutale et humiliante", qui selon lui "rappelle des temps exécrables que nous ne souhaitons pas voir revenir".

"Où va la liberté de la presse au moment où nous travaillons à tenter de sauver la presse écrite dans le cadre des Etats généraux?", demande encore Patrick Le Hyaric, pour qui "un mauvais parfum anti-démocratique commence à flotter sur le pays de Voltaire". "On ne peut laisser faire", conclut-il .

"La liberté de la presse régresse en France" selon Rue89

Le site d'information "Rue89" incrimine des "méthodes proprement inadmissibles" et estime "indispensable qu'une enquête soit ouverte sur cette affaire et que des sanctions soient prises contre les responsables de cette interpellation".

"C'est la première fois, semble-t-il, qu'un directeur de la publication fait ainsi l'objet d'un mandat d'amener pour un délit de presse", souligne Rue89. "Mais ce n'est pas la première fois que la liberté de la presse est bousculée depuis deux ans", note le site, en citant les perquisitions intervenues au Canard enchaîné, la garde à vue du journaliste Guillaume Dasquié, des "mises en examens à répétition".

"La liberté de la presse régresse en France: tous les démocrates devraient s'en alarmer", conclut Rue89.

(Source AFP)

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Commentaires
C
C'est vraiment du grand n'importe quoi !!! Super la liberté de Presse !!! Je suis indignée !
B
Ce gouvernement, ou plutôt cet homme avec un petit h, me fout vraiment la Trouille avec un grand T.
D
Il a été élu au suffrage universel!!! Il faut boire la coupe jusqu'à la lie...mais cela est pire pour ceux qui ont voté pour lui!! Il faut lire entre les lignes les programmes politiques et surtout bien analyser l'ambition de celui qui se présente!!! Personnellement ce qui se passe était lisible dans le programme promis et accepté par la plupart!! <br /> Mais ce ne sera pas la première fois qu'un peuple se trompe et qui pait le prix fort...Autriche 1936!!! Tout ce qui brille n'est pas or!!! <br /> Honteuse interpellation! Honteuse fermeture d'usine! Honteuse remise en question d'acquis sociaux! Honteuse répartition des richesses!! Serons nous pardonnés par nos enfants à qui nous léguerons que tristesse, chaos et loi de la jungle???
V
Je suis complètement outrée, en colère (cela allait en croissant à la lecture de ce fait...) ; on se croirait vraiment en Russie, ou en Algérie, enfin partour sauf en France. Premièrement notre président de la république (pour qui j'ai quand même voté) est des plus suceptibles et le pays va à la dérive... jusqu'où, jusqu'à quand nous laisserons-nous faire ? (Mon mari est agriculteur et nous savons de quoi nous parlons). C'est vraiment horrible et d'une injustice flagrante (comme bien souvent. Je ne peux trouver le mot pour signifier le degré de mécontentement, de dégoût, d'horreur que tout cela met en moi....
B
Cela fait froid dans le dos! Je viens d'en entendre parler par un invité de l'émission "esprit public" de france-culture qui expliquait que la juge devait avoir "perdu ses nerfs" contrairement à ce que sa fonction exige....Dans le même sens ,dans le monde 2 du 18 octobre est paru un article reprenant des extraits du livre de Al Gore "la raison assiégée" qui explique comment le gouvernement Bush a évolué vers moins de démocratie...Voilà déjà 2 sources d'information qui remplacent les journaux tv que je ne regarde pas....Bon dimanche
La tribu des elfes
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